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Croire que Dieu me veut heureuse : c’est la clef qui m’a fait cheminer

Nous avons rencontré sœur France-Marie au Carmel de Lisieux le 14 février 2017. Voici ce qui est ressorti de l'entretien après relecture par la soeur :

S.FranceMarie 2 webJe viens d’une famille de cinq enfants avec trois garçons et deux filles. Je suis la quatrième. C’était une famille comme à cette époque : chrétienne catholique mais pas pratiquante, je n’ai jamais prié en famille. Ma grand-mère maternelle avait la foi mais depuis combien de temps ? C’était quelqu’un qui priait beaucoup.

Un jour, Maman s’est convertie lors de la rencontre avec un groupe de prière charismatique.

Nous habitions une région pauvre, un petit village de 1300 habitants dans l’Indre, Clion. C’était un coin perdu, sans jeune à la messe mais à Châtillon, il y avait ce groupe de prière.

Nous avons tous été baptisés, tous fait notre profession de foi mais pas notre Confirmation, seule moi quelques temps après ma profession de foi. Je suis la seule à avoir continué à aller à la messe. Je suis devenue guide. Tout ça jusqu’à 15 ou 16 ans puis j’ai tout laissé tomber. C’est souvent une période délicate. J’ai beaucoup aimé le scoutisme, l’ambiance, j’ai de bons souvenirs !

Au niveau familial, c’était compliqué, mon père était alcoolique, assez violent, ce n’était pas simple. Nous avons tous été marqués.

À 15 ou 16 ans, j’ai tout laissé pour jouer au foot. Au collège, j’étais en échec scolaire à cause du climat familial. Avant j’étais studieuse et j’aimais apprendre. Ça a été une grande épreuve toute ma vie. Je n’avais personne pour me soutenir et je suis reportée sur le sport. Le foot est un lieu de vie.

J’étais en échec scolaire, je n’avais pas grand-chose, pas beaucoup d’amis en dehors de l’école, pas d’amis au village. J’étais très seule, pas bien du tout, plus de confiance en moi. J’ai redoublé en troisième.

Maman sentait chez moi quelque chose, des prédispositions intérieures. Elle voyait que je n’étais pas bien. Un jour, elle me dit : « On te paye le voyage pour aller à Lourdes à un rassemblement de cinq jours avec des jeunes ? » Je connaissais déjà Lourdes, j’avais des souvenirs merveilleux, nous y étions allés deux fois pendant les vacances.

Elle me dit : « Veux-tu y aller ? »

Au niveau humain, c’était un non catégorique. Aller à Lourdes ? J’étais trop malade en voiture. Y aller avec un jeune couple et une jeune fille un peu plus âge que moi au commencement de sa conversion ; ce n’était pas possible d’y aller avec des gens que je ne connaissais pas.

… et là, j’ai dit OUI ! Quand je relis, je sens que c’est l’Esprit-Saint : quelque chose m’a dit : « Vas-y ! » Comme si quelqu’un m’attendait là-bas. C’était vraiment mystérieux. Je m’en rappellerai toute ma vie.

J’avais 19 ans, c’était aux vacances de Pâques 1986. Pour Thérèse, la conversion c’était Noël 1886. Moi, 1986, elle 1886.

 Le couple était génial. Cinq jours OUH, extraordinaires ; j’ai été soufflée par l’ambiance, l’ambiance de joie que je n’avais jamais vue encore. J’avais besoin de foi, besoin de joie. Des instruments, tout un orchestre avec une guitare, une batterie, ça chantait…

La Grotte, ohlala, la grâce d’être à cette grotte : la Vierge Marie me tombe dessus. J’écoutais Daniel Ange à la Grotte, dès fois toute seule, je participais à tout… je me laissais conduire.

Le dernier jour, je me suis confessée : j’ai rencontré Jésus.   Jésus est devenu vivant. Je me vois repartir : je n’étais plus seule, Il était avec moi. Faire l’expérience de cette présence, très sensible pendant un bout de temps ! C’était le début d’une aventure jusqu’au Carmel, jusqu’à aujourd’hui car elle continue toujours.

C’est une aventure qui décoiffe. Ça a été rude, un combat, des choix, des décisions à faire, à prendre, dur… et en même temps une vie est un combat. Une vie heureuse se fait à travers la souffrance, tout n’est pas rose.

Sept ans de cheminement : chemin de foi avant d’entrer au Carmel. Très rude, je lutte tout le temps. Ce n’est jamais évident avec moi mais le Seigneur est patient, Il me travaille et les choses se font quand même.

Le 9 août 1986, mon frère aîné se tue en moto.     
Deux ans après, ma chère grand-mère maternelle meurt. 
Le 7 février 1992, Maman meurt d’un cancer.         
Le 8 mai 1993, je rentre au Carmel.

J’étais toute seule comme jeune, toutes mes amies n’ont pas la foi. Je suis entrée au lycée et je me suis fait des supers copines qui sont venues à ma professions solennelle même si elles n’ont pas la foi.

La mort de mon frère a été terrible, un vrai choc. Mais le Seigneur m’a fait un cadeau : l’espérance que mon frère n’était pas mort mais vivant. J’ai eu la même grâce pour ma grand-mère. Cette grâce m’a consolé et elle ne m’a pas quittée. 

Pourquoi le Carmel ? Je ne sais pas. Ça m’a été donné comme ça.  Très vite, je me suis dit : « Pourquoi pas la vie religieuse ? » mais à ce moment-là, j’étais plutôt dans la perspective du mariage.

J’ai laissé le chemin ouvert, je n’ai pas fermé. S’il se ferme, il faut prier pour essayer de l’ouvrir.

La base : croire que Dieu me veut heureuse : c’est la clef qui m’a fait cheminer. C’est une clef super importante, j’y crois ferme. Même si c’est rude.

Le groupe de prière, j’y allais, je n’y allais pas. C’était en concurrence avec les matchs de foot, aller au bal avec les copines… j’aimais faire la fête. Tout doucement, le Seigneur m’a fait cheminer et à un moment, j’ai senti que le bal, c’était fini. À un moment, j’ai posé des actes concrets, c’est super important.

La prière : c’était très difficile de prier seule. C’est pourquoi le groupe était important. Le lieu privilégié de la prière le soir couchée.

Les propositions du groupe m’ont fait cheminer : WE, recollections… à Issoudun, Pellevoisin… Je demandais un accompagnateur dans mes prières. J’ai rencontré un prêtre à Pellevoisin. . Je lisais Feu et Lumière. J’aidais les Dominicaines à Pellevoisin. Les lieux sont importants. Je prenais ce que j’avais. J’allais à Paray-le-Monial au moins une fois par an. J’étais assez timide en dehors de mes copines.

Je trouve alors une retraite en silence à Nouan-le-Fuzelier avec les Béatitudes. Une grande expérience, complètement nouvelle : le SILENCE ! Le Seigneur me prépare.

Ce fut une grande découverte : cinq jours en silence. À partir de ce moment-là, tous les ans, j’ai fait une retraite de silence de plus en plus costaud, jusqu’à 10 jours à 22 ans avec quatre heures d’oraison par jour. Ça m’a préparé au Carmel.

Un jour, toujours à prier : « Que veux-Tu que je fasse Jésus ? » lors d’une retraite à Paray-le-Monial avec un jésuite pour discerner les Vocations, 10 jours, avec des jeunes, quatre heures d’oraison quotidienne. À la fin avec mon accompagnatrice, une sœur : nous discernons que ce n’était pas le moment.

L’année d’après : « Qu’est-ce que je fais ? » Entre temps, je rencontre la petite Thérèse en lisant Histoire d’une âme chez les Dominicaines. Je suis renversée : j’ai rencontré une amie. Je rencontre Thérèse mais pas la carmélite, Thérèse amoureuse, son amour pour Jésus.  

Une retraite à Lisieux ou un séjour à la montagne ? Je vais vers celui où mon cœur penche « Lisieux. »

Je suis arrivée à Lisieux en short et sac-à-dos…  J’étais la seule jeune avec des religieuses et des prêtres. La retraite était menée par un prêtre jésuite charismatique, il y avait quatre heures d’oraison par jour. Deux jours avant la fin de la retraite, une petite sœur me dit : « Tu ne deviendrais pas religieuse toi ? » Je n’en sais rien. Je suis partie avec cette question dans ma chambre et, pouf, lumière, c’est évident, ça devient clair : mon désir d’aimer, c’est d’aimer Jésus, lui donner toute ma vie sans réserve.

JOIE d’avoir enfin trouver le chemin. Je suis venue au Carmel prier en me disant que peut-être un jour je serai là, mais pas de coup de foudre. « Seigneur, maintenant, Tu vas me conduire ? » La seule chose que je sache du Carmel : être cloîtrée.

En priant, je suis tombée sur cette Parole : « La fleur du Liban lui a été donnée, la splendeur du Carmel. » (Isaïe 35) C’est ça que j’attendais depuis toujours comme une réponse à quelque chose dans mon cœur. Et voilà !

Le stage se passe. Pas de réponse. À la fin, je vois la prieure : « De notre côté, pas de problème. Tu prends du recul et tu décides. » Moi, intérieurement, j’étais paumée, aucune lumière. En fait, j’étais très contente de partir. Je me vois prendre le train avec une grande liberté intérieure : « Seigneur, tu fais de moi ce que tu veux ! »

Je suis rentrée. J’avais quand même prévu de voir le père Jean, un père jésuite faisant des retraites charismatiques très particulier, en allant à un week-end de trois jours « Voilà comment s’est passé mon stage… » Le père Jean : « France, tu rentres au Carmel de Lisieux. » Après mon père spi qui me confirme. Le lendemain, le père Jean me reconfirme.

La DISPONIBILITÉ, la LIBERTÉ du cœur dans le cheminement d’une vocation quelle qu’elle soit, c’est magnifique.

Je suis entrée le jour de mon anniversaire. Le Seigneur m’a donné la vie, je lui ai donné la mienne.

Je suis depuis bientôt 24 ans au Carmel. Je suis heureuse. J’ai grandi spirituellement et humainement. Je me sens debout.

24 ans d’un cheminement qui continue. La prière, ouhlala… Quand c’est vraiment notre place, quelqu’un nous tient. Lors des retraites, devant le Saint-Sacrement, un dégoût à fuir… Une parole intérieure : « Tu viens pour qui ? Pour toi ou pour moi ?  On reste là et le Seigneur travaille en profondeur dans notre cœur même si on ne le voit pas.

Dans une vie de silence comme chez nous, ton passé remonte et là, c’est l’épreuve. Dans la vie avec les sœurs, il y a des problèmes aussi. Tes péchés, jalousies, fragilités… c’est terrible, on voudrait être forte ! Consentir à ma fragilité… là, Thérèse est géniale : être petite. Attention, pas être une petite fille : grandir, c’est consentir à nos fragilités, à nos failles. S’en sortir toute seule ? Non, on a besoin d’un autre, des autres.

Le Carmel : une très grande liberté. Cette relation particulière avec Jésus ! Thérèse parle d’une amitié avec Jésus. Lui est fidèle, patient.

La grâce de ma profession solennelle : le Seigneur se lie à moi. « Tu es à moi. »

www.carmeldelisieux.fr

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